La Vouivre du pélerin

 Paroles de Florian Lacour
Musique : "Laude novella, sia cantata", lauda anonyme italienne, XIIIe s.

 

L’existence de certains est comme un pèlerinage
Comme ils s’aiment ils font tout pour sortir de leur cage
Changeant de métiers et d’amour pour calmer un peu leur rage
De n’être que de humains et pas encore des anges. 

Notre existence est comme un pèlerinage
Nous allons chaque jour de villages en villages
De hauts lieux en hauts lieux, en centre de passage
Pour gagner notre pain et vivre ainsi en sage.

Comme l’immortel et sage Pape des Escargots, Vicaire des moineaux
Qu’a rencontré Vincenot, OH, OH, OH !
Nous laissons la grande vouivre animer notre corps
Elle donne force à nos chants et nous allons sans effort.

Nous maîtrisons la Tarasque, la bête faramine
Nous retrouvons sa force partout où nous allons
Cette force du terroir, nous l’emmenons captive
Dans nos cœurs, dans nos corps, partout où nous marchons.

La vouivre nous accompagna en Normandie,
Voir ses vallons boisés, ses pommiers,
Nous irons la revoir car nous y fumes heureux.
Au sud, on la nomme Tarasque, là elle a fait planter sur des terres ensoleillées,
Des vestiges fabuleux.
En Bourgogne, ce sont des cathédrales, dans de grands paysages herbeux.
En Vendée, des bosquets, des marais pleins de sel.
La vouivre nous a donné le pouvoir d’ouvrir les yeux et de voir
Combien elle a chargé la France de merveilles.

Si point ne l’ avions maîtrisée, nous resterions sur place bornés de certitudes mesquines et moribondes,
A souffrir tous les jours des gens qui nous agacent
Et à faire circuler sur eux des ragots à la ronde.

La France est bien trop belle, pour ne pas la courtiser,
Et la vie serait triste si l’on ne pouvait déclarer son plaisir,
Sa joie, sa flamme à tous ceux que l’on aime,
Mais certain n’ont pas de flamme, ils ont toujours la flemme.

Notre existence est comme un pèlerinage.